Sous dérogation du procureur

mainparty.jpg Après plusieurs heures passées à me retenir de vomir sur mon clavier, je me décide à rentrer chez moi. C'est le café de 11 heures qui est mal passé, peut-être à cause du vin et des bières de la veille. Arrivé à Saxe-Gambetta, je sort du métro pour continuer à pieds jusqu'à Guillotière, histoire de m'aérer un peu. Après quelques dizaines de mètres, j'arrive à un passage piéton, où je remarque une voiture qui est arrêtée sans raison apparente du mauvais coté du passage, c'est à dire après les bandes blanches. D'habitude, les automobilistes ne s'arrêtent pas et quand ils s'arrêtent, c'est avant le passage. Ça parait logique. Intrigué, je jète un œil au conducteur et je remarque qu'il me regarde de travers dans son rétroviseur. Lyon étant une ville de tarés (surtout les conducteurs), je fais mine de ne pas m'inquiéter et je m'engage sur le passage, donc derrière la voiture. C'était un piège. A peine engagé, voila qu'un type pas plus sympathique sort de la voiture coté passager, s'avance vers moi en me regardant fixement et me dit “bonjour”. L'espace d'un instant j'imagine qu'il va me demander sa route. Pas de chance, il enchaine avec “police”. La barbe d'une semaine, le chapeau et la mauvaise mine du mec qui va vomir, bingo ! Je comprends que je suis bon pour une troisième fouille dans mon quartier. Il faut voir le bon coté des choses, cette fois ce n'est pas à l'heure à laquelle mes voisins rentrent du travail. Le mauvais coté des choses, c'est qu'il fait froid, que j'ai envie de vomir, que je préfère me faire palper les testicules par des femmes et que je commence à en avoir marre d'être fouillé. Il faut que je précise que je me suis fouillé tout seul. Apparemment ils n'ont pas le droit de mettre les mains dans mes poches, ou il n'en ont pas envie, allez savoir, ils se contentent de palper. Petite erreur de ma part, quand l'un des policiers me demande si je fume, je réponds bêtement oui. C'est quand il me demande si j'en ai sur moi que je comprends qu'il parle de drogue. Désolé, mais j'ai du tabac si ça peut consoler... Après les questions devenues habituelles et la délicate palpation de mes poches et de mes parties, je me risque à demander, en souriant, si c'est à cause du chapeau que je me fait contrôler. L'un des policiers me réponds que la zone est sous dérogation du procureur, enfin quelque chose comme ça. C'est vrai que Guillotière, pour ceux qui n'y vivent pas, c'est un coupe gorge (traduisez: il y a beaucoup d'étrangers). Ça mérite bien une petite dérogation du procureur. Ce que j'aimerais savoir, c'est de quelle manière cela pèse sur la taxe d'habitation...
PS: Pour ceux qui ne connaissent pas Guillotière, c'est pile entre l'Afrique, l'Asie, l'Inde et l'Europe de l'est. Là au moins on est pas emmerdés par les touristes.

1 Responses to Sous dérogation du procureur

  1. 6 tobe 2009-10-16 5:27 pm

    Ça doit être ça:

    la loi du 23 janvier 2006 va plus loin : elle prévoit, dans le cadre d’un dispositif destiné à lutter (à l’origine) contre le terrorisme, un régime dérogatoire permettant aux services de police de faire des contrôles d’identité sur réquisitions du parquet, pour rechercher les auteurs d’infractions liées au terrorisme mais aussi pour rechercher les voleurs, recéleurs et trafiquant de stupéfiants…

    [Source].

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